Pour y voir plus clair dans la décentralisation !
par Arnaud (Webmaster)
Redécoupage des régions, suppression des départements, création des métropoles, des intercommunalités, autant d’annonces, autant d’aller-retour qui nous plongent dans la perplexité.
Une seule constante : le débat s’organise autour d’un face à face gouvernement et élus qui continuent d’ignorer superbement les organisations syndicales.
Pour l’UNSA Territoriaux, il est pourtant légitime de poser la question de l’organisation de notre pays avec comme premier souci l’attractivité économique et ses conséquences pour l’emploi des salariés ainsi que le renforcement de l’efficacité démocratique.
De la même façon, parce qu’à l’UNSA nous sommes attachés à notre modèle de service public, il est légitime de poser régulièrement la question du niveau pertinent pour la mise en œuvre de ses missions. Car les choix effectués sont lourds de conséquences pour les salariés et les agents qui ont à les exécuter.
Le souci de doter la France de régions d’une taille critique suffisante au regard des enjeux européens est sans doute pertinent.
Mais enfin la proposition de ces quatorze régions ignorent encore trop ce que sont les bassins de vie de nos concitoyens. Il n’est pas non plus question d’admettre que les missions de service public aux citoyens et des personnels qui les assurent soient totalement hors du débat public.
Le choix affirmer de transférer la voirie et les collèges aux régions interroge. En 2003, les agents publics de l’équipement, les techniciens et ouvrir des collèges ont déjà subi les conséquences de la décentralisation.
Aujourd’hui, le conditionnel pour la nouvelle organisation territoriale de la République reste de mise. Est-il pertinent de supprimer les départements ? Tous les départements y compris en zone rurale où il n’y a ni métropoles, ni intercommunalités ?
La réforme de la fiscalité tant attendue fait défaut. Pour l’UNSA Territoriaux, la péréquation financière qui est un élément central pour combattre les inégalités entre les territoires n’est pas définie. Quant aux compensations financières des compétences transférées, elles sont renvoyées à la loi de finance.
Alors réaffirmer que l’entretien des collèges devra toujours être fait, que la politique d’action sociale devra toujours être exercée, c’est sans doute vrai. Mais affirmer que les agents ne perdront ni en qualité de vie au travail, ni en rémunération et action sociale, on sait déjà que c’est faux. Car une réforme de cette ampleur est forcément coûteuse et que dans la loi rien n’oblige les employeurs territoriaux à harmoniser les rémunérations par le haut.
On peut craindre que les premiers touchés par ces transferts seront les agents non titulaires. On peut craindre que les cadres de la fonction publique territoriale s’ils ne perdent pas leurs emplois perdront leurs postes.
Une réforme de cette ampleur va perturber le quotidien de nombreux agents, à l’État certes, mais surtout à la territoriale.
Cela exige des mesures d’accompagnement. Cela exige des garanties. Les agents ne doivent pas changer de fonction publique ni de cadre statutaire. Leurs primes et régimes indemnitaires doivent être maintenus. La protection et l’action sociale doivent être renforcées.
Faire l’impasse sur le dialogue social avec les organisations syndicales est un jeu dangereux.
Les agents territoriaux ont de vrais métiers, de vraies missions. Ils sont utiles à la société.
RESPECTEZ LES !
La Secrétaire Générale – Catherine GUERIN